Quels sont les chiffres de l’asile en France ?

Pascal Brice, le directeur général de l’OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides) explique combien de demandes d’asile ont été déposées en 2017 et combien de statut de protection ont été délivrés. Il indique aussi quelles tendances peuvent être attendues pour l’année 2018

 

Les chiffres de l’asile en France. En 2017, 100 000 demandeurs d’asile. Ca a pu paraître spectaculaire, c’est symbolique, la barre des 100 000 personnes franchie. C’est une augmentation de 17% par rapport à l’année passée, au fond, une augmentation régulière depuis 2 ans. Puis 100 000 demandeurs d’asile c’est important mais c’est bien loin du plus des 1 millions de demandeurs d’asile en Allemagne en 2015. C’est une augmentation soutenue, régulière depuis plusieurs années mais pas un afflux massif.

En 2018, cette augmentation se poursuit à peu près au même rythme. On peut, si on prend en compte aujourd’hui les évolutions, imaginer qu’en 2018 nous atteindrons en France à peu près 115 à 120 000 demandeurs d’asile dans notre pays.

Les pays d’origine de cette demande d’asile, ce sont à la fois des pays dans l’environnement proche de l’Europe. L’Albanie pendant l’année 2017, moins nombreuse aujourd’hui mais plus de demandeurs d’asile Géorgiens. Des Haïtiens également, demandeurs d’asile essentiellement en Guyane. Une demande d’asile Afghane, importante qui relève d’un dysfonctionnement européen puisque ce sont des personnes qui souvent ont déjà fait l’objet d’un rejet de leur demande d’asile notamment en Allemagne. Il y a aussi une demande d’asile africaine qui reste importante, c’est la caractéristique de ces dernières années d’Afrique de l’Est mais aussi d’Afrique de l’Ouest. Il faut y ajouter la poursuite d’une demande d’asile en provenance notamment de Syrie à travers des missions que l’OFPRA conduit au plus près du conflit Syriens.

De ces demandeurs d’asile, 100 000 en 2017 et peut être 115 ou 120 000 en 2018. En 2017, ce furent 45 000 personnes qui ont été reconnues protégées par l’OFPRA, comme réfugiées ou comme protégées subsidiaires, parce qu’elles fuient des persécutions ou des guerres. C’est un record historique dans notre pays. Un record historique qui reste modeste encore une fois – puisque 45 000 personnes, c’est loin de constituer un afflux massif.

Si l’on regarde les niveaux de reconnaissance de ces statuts de protection par l’OFPRA ou la CNDA, on se rend compte que les niveaux de protection en France sont à peut près comparables à ceux qu’ils sont dans les grands pays d’asile en Europe. Si l’on regarde par pays d’origine, on se rend compte que les niveaux de protection sont tout à fait comparables pour l’essentiel en France comme dans les grands pays d’asile européens.